L’article méditerranéen du moment

L’article méditerranéen du moment

La présente page, à l’instar d’un blog (et même blawg puisque consacré au(x) droit(s) public(s) méditerranéen(s) et en Méditerranée) met en avant le dernier des articles proposés pour publication par l’un(e) de nos membres.

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décembre 2021



De l’enseignement du droit public
en Egypte par Mohamed SALAH

Article publié
dans le cadre des articles
méditerranéens du moment

L’histoire de l’enseignement du droit public en Égypte est attachée logiquement à l’évolution des établissements compétents pour enseigner le droit dans le pays, jusqu’à la création des facultés de droit contemporaines.

Il existe aujourd’hui vingt-deux facultés de droit en Égypte, y compris trois facultés subordonnées à des universités privées et dix-neuf facultés subordonnées à des universités publiques[1]. D’autre part, le droit est enseigné à côté de la charia dans la faculté de « droit et charia » de l’Université Al-AZHAR[2][U1] .Bien que ces facultés enseignent, en principe, le même programme, elles diffèrent dans leurs influence et réputation.

La faculté de droit à l’université du Caire est généralement considérée comme la faculté la plus importante en Égypte,[3] parce qu’elle a été la première faculté compétente à enseigner le droit en Égypte depuis 1886, et a été, jusqu’à la révolution de 1952, un bastion de l’élite politique égyptienne.[4]

Cette faculté a fait face à de nombreux changements, tant au niveau statutaire qu’au niveau du syllabus enseigné. Au niveau statutaire, elle est née comme une école supérieure, et puis elle a été reformulée plusieurs fois par le gouvernement jusqu’au moment où elle est devenue une faculté. Dans son tout début, elle a été inaugurée en 1836 sous le titre d’«École des langues »[5] sous la présidence de RIFAA AL TAHTAWI[6]. Puis en 1868, le Khédive ISMAIL PASHA l’a réinauguré sous le titre d’« École des langues et d’administration ». En1882, elle s’est divisée en deux écoles ; de Langues et de L’administration. Elle est ensuite devenue « École khédiviale de droit » en 1886. Après l’inauguration de l’université de Fouad en 1925 – nommée plus tard l’Université du Caire – elle a été réformée en faculté universitaire »[7]. Au niveau du syllabus enseigné, Il ne fait aucun doute que les modifications apportées à la forme statutaire des établissements d’enseignement du droit ont affecté les programmes de l’enseignement[U2] .  Le nom de cette école/ faculté a ainsi changé à chaque fois que le contenu de son programme a été modifié.  

On peut mettre l’histoire du syllabus enseigné à la faculté de droit à l’université du Caire en lumière en la divisant en deux périodes ;

  • Avant 1889 [8]; Les matières enseignées étaient fondées sur les matières de l’administration et des langues avec les connaissance générales de droit et des thèmes juridiques. Les matières suivantes ont été inclues : Chari’a, droit civil (y compris le droit naturel, le droit romain, le droit commercial et le droit maritime), comptabilité d’entreprise et tenue de livres, droit du contentieux civil et commercial, droit pénal et des enquêtes criminelles, traduction, histoire, géographie, calligraphie, rédaction juridique et les langues arabe, turc, persan, latin, italien et français.
  • Après 1889:  L’enseignement visait essentgiellement à perfectionner les connaissances juridiques . Les matières enseignées incluaient donc: Chari’a, sciences sociales, politiques, économiques, histoire, philosophie, économie politique, droit civil, droit commercial, droit pénal, droit maritime, droit administratif, droit international privé, histoire économique, droit des enquêtes criminelle, système d’administration et de justice et les langues arabes et français.[9]

          Il faut rendre hommage à Charles Testo[10], grâce auquel le droit public a été introduit à  l’école khédiviale de droit, où le droit administratif est enseigné  pour la première fois en 1889[U3] [ms4] . [11][U5] [ms6] À compter de cette date, les établissements d’enseignement juridique, telle la faculté de droit à l’université du Caire, se sont intéressées à l’enseignement des branches du droit public.

En conclusion, l’enseignement de droit public existe en Égypte depuis 1889 grâce au Doyen Charles Testo.


[1] https://www.dbse.co/universities/cat/7.

[2] L’université Al-Azhar a été construite avant celle de Bologne en Italie. Elle représente la troisième des plus anciennes université après celle de Zeitouna et d’Al Quaraouiyine. Pour plus d’informations, consulter le lien souvent :  http://www.azhar.edu.eg/fr/About-us-fr/About-Us/luniversit%C3%A9-al-azhar-en-quelques-lignes  

[3] « En 2019, les universités égyptiennes ont réalisé un progrès tangible dans le classement « Leiden », dont cinq universités égyptiennes ont été classées parmi 963 universités internationales à savoir :  l’université du Caire (341eme), Ain Chams (582 ème), Mansoura (681 ème), Alexandrie (730 ème), et Zagazig (834 ème). ».

https://www.sis.gov.eg/Story/135116/R%C3%A9alisations-de-l’enseignement-et-de-la-recherche-scientifique-depuis-l%E2%80%99arriv%C3%A9e-du-pr%C3%A9sident-El-Sissi-au-pouvoir?lang=fr#:~:text=En%202019%2C%20la%20place%20des,et%20Zagazig%20(834%20%C3%A8me).

[4] Amr SHALAKANY, « Monté et Chute de l’élite juridique égyptienne : 1805 – 2005 », « ازدهار وانهيار النخبة القانونية المصرية : 1805 – 2005 », Dar Al-Shorouk , Première édition, 2013, P. 148.

[5] Amr SHALAKANY, op.cit. P. 150.

[6] https://www.britannica.com/biography/Rifaah-Rafi-al-Tahtawi.

[7] Amr Shalzkzny, op.cit. P. 150, 151.

[8] Ministère de L’instruction Publique, Règlement organique de l’école de droit (Le Caire, 1886). Mohamed kamel Morsi : « La faculté de droit dans le livre doré des tribunaux civils », La presse princière, Le Caire 1933, P. 410.

[9] Mohamed kamel Morsi, Op.cit. P. 412.

[10] Doyen de l’école khédiviale de droit entre 1891 et 1902. Amr SHALAKANY, Op.cit. P. 154.

[11] Amr SHALAKANY, Op.cit. P. 155.



Publications précédentes


2022


AKA Pınar, La Méditerranée en tant que texte de mémoire ; janvier 2022 ;

AKA Pınar, Bir bellek metni olarak Akdeniz ; janvier 2022 ;


2021


SALAH Mohamed, De l’enseignement du droit public en Egypte ; décembre 2021 ;

MOUANNES Hiam & SACRE Yalda , La loi du plus fort vs la force du droit légalement établi ; septembre 2021 ;

MOUANNES Hiam & SACRE Yalda, Lorsque le juge libanais des référés inflige une leçon d’éthique aux parlementaires vaccinés alors qu’ils ne répondent à aucune condition leur donnant priorité ; juillet 2021 ;

TSIMARAS Konstantinos, Présentation de quelques éléments de l’histoire constitutionnelle chypriote ; juin 2021 ;

BOUSTANY KARAM Lara, De l’opportunité du dualisme juridictionnel au Liban ; mai 2021 ;

FRAISSE Geneviève, Femmes dans la Révolution … ; (extraits de la RMDP II) ; avril 2021 ;

KTISTAKI Stavroula N., Le procès équitable dans la jurisprudence du Conseil d’Etat hellénique : un dialogue fructueux entre le juge européen & le juge de Droit Public en Méditerranée ; (extraits de la RMDP V) ; mars 2021 ;

EL MOSSADEQ Rkia, Femmes dans la Constitution … ; (extraits de la RMDP II) ; février 2021 ;

IANNELLO Carlo, Les politiques néolibérales & la transformation du droit public (extraits de la RMDP V) ; janvier 2021 ;


2020


Equipe syrienne, Existe-t-il un juge / une juridiction de droit public en Syrie ? ; décembre 2020 ;

MESSARRA Antoine ; Nouveaux défis du service public aujourd’hui ; Bien commun, interdépendance sociale & légitimation citoyenne de l’Etat (extraits de la RMDP VIII) ; novembre 2020 ;

SAMIR Ahmed, Eléments de l’histoire constitutionnelle égyptienne ; octobre 2020 ;

STIRN Bernard, Service(s) public(s) en Méditerranée (extraits de la RMDP VIII) ; septembre 2020 ;

ABDELHALIM Amr, Existe-t-il un juge / une juridiction de droit public en Egypte ? ; août 2020 ;

ESPAGNO-ABADIE Delphine, Propos conclusifs sur l’existence d’un droit public méditerranéen ; (extraits de la RMDP V) ; juillet 2020 ;

PIERCHON Jean-Baptiste ; Le Précis de législation coloniale de Louis Rolland & Pierre Lampué ; (extraits de la RMDP IV) ; juin 2020 ;

PAPADIMITRIOU Théodora, A propos des méthodologies du droit public méditerranéen comparé ; (extraits de la RMDP V) ; mai 2020 ;

KTISTAKI Stavroula, De la justice de droit public en Grèce ; avril 2020 ;

TOUZEIL-DIVINA Mathieu, D’un printemps, l’autre ! (extraits de la RMDP V) ; mars 2020 ;

MASTOR Wanda, Avant-propos à la RMDP III ; (extraits de la RMDP III) ; février 2020 ;

TOUZEIL-DIVINA Mathieu, Oui aux partenariats heureux-méditerranéens plutôt qu’euro-méditerranéens ? ; (extraits de la RMDP IV) ; janvier 2020 ;


2019


Equipe syrienne, Quelles sont les sources du Droit public syrien ? ; décembre 2019 ;

SCHMITZ Julia, A propos des méthodologies du droit public méditerranéen comparé ; (extraits de la RMDP V) ; novembre 2019 ;

ROMA Giacomo, Quelle est la forme constitutionnelle du régime politique italien ? ; octobre 2019 ;

TOUZEIL-DIVINA Mathieu, De l’enseignement public du droit public en France ; septembre 2019 ;

CITAK Halim Alperen, Eléments de l’histoire constitutionnelle turque ; août 2019 ;

WILLMAN BORDAT Stéphanie, Plaider le(s) droit(s) au Maghreb ; juillet 2019 ;

ELSHOUD Mélina, Existe-t-il un « modèle » de justice constitutionnelle en Méditerranée ? ; (extraits de la RMDP IV) ; juin 2019 ;

LMDP, Déclaration dite d’Athènes – service(s) public(s) en Méditerranée (2017) ; mai 2019 ;

MEYER Maxime, Constitutionnalisations & collectivités territoriales en méditerranée ; (extraits de la RMDP IV) ; avril 2019 ;

MOUANNES Hiam, ; Regards méditerranéens sur la Loi électorale libanaise du 16 juin 2017 ; mars 2019 ;

PERLO Nicoletta, Les Constitutions Provisoires, une catégorie normative atypique au cœur des transitions constitutionnelles en Méditerranée ; (extraits de la RMDP III) ; février 2019 ;

KAMTSIDOU Ifigenia, L’esprit de Mataroa ; ouverture de la présente chronique ; janvier 2019 ;